Armelle de Sainte Marie fait des peintures
et des dessins qui suscitent chez le spectateur
un sentiment de familiarité, au sens où les
fragments et les signes présents dans ses
peintures renvoient au réel et à notre
environnement, à la flore et à l’humain.
Et simultanément étrange car les figures
et les formes semblent se défaire dans la couleur
et dans la matière picturale qui les absorbe
comme un magma. Les vides, les trouées,
et une matière ambiguë qui ramollit les formes
et les figures jusqu’à en altérer l’identité,
participent de ces glissements progressifs
vers l’indéterminé.
C’est une œuvre qui se déploie sous les arcanes
de l’ambiguïté ; où ce qui pourrait être la matière
d’un univers dépeint glisse vers l’abstrait :
un peu comme si à pénétrer le monde,
à vouloir en saisir la couleur et la texture,
l’artiste le dissolvait dans la peinture.
Du coup, lâchant la bride au pinceau,
elle se libère de la logique mimétique
pour entrer dans les mailles de la peinture,
dans ses pleins et ses vides.
Comme dans ses « tram ».

Philippe Cyroulnik - 2012
Critique d'art.
Directeur du Centre Régional
d'Art Contemporain Le 19 à Montbéliard.