Du motif abstrait comme paysage.

Depuis 2009 je réalise des compositions à l’huile qui ont trait au paysage.
Paysage intérieur, onirique, organique. Une période que j’ai nommée «Odyssée» car une aventure nouvelle avec la couleur dans l’historique de mon travail.

La matière et la couleur de la peinture suscitent en moi une imagerie. Des pans entiers d’images-matière se précisent de façon narrative, presque naïve dans le traité, pour repartir en tournoyant vers la matière. Ce sont des visions qui sont en mouvement, comme la pensée qui est un flux. Avec des arrêts sur image en quelque sorte. Des associations d’idées et de sensations retranscrites “au moment où”, qui “me font penser à“, qui “me rappellent”. Il y a là une importance de la mémoire des sens, dans la pratique, issue d’un champ personnel : un bagage de sensations qui nourrit le travail. Une toile se fait à partir d’un agencement de mémoires et de sensations picturales.

La série des «tram» sur papier présente des dessins plus graphiques et plus dépouillés qui sont issus de la répétition d’un geste, plus ancré dans l’abstraction. Geste précisément né de la pratique de la gravure à la pointe sèche et de l’action de scarifier les plaques à encrer. J’ai éprouvé le désir de répéter ce mouvement de tracés dans une autre dynamique sur le papier, et générer ainsi des partitions dont les rythmes et les couleurs entrecroisées jouent des pleins et des vides, faisant apparaître ou disparaître un arrière-plan. Comme un voile tendu devant quelque chose d’indéterminé que je chercherais à saisir, un objet inconnu proche et distant à la fois.

AdSM - 2013-2014